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Exposition « sHeroes » – Les imaginaires de genre dans les jeux vidéo

Princesses, guerriers, aventurières… Les personnages qui peuplent les jeux vidéo nous font incarner de multiples rôles pour explorer leur univers. Comment le genre façonne-t-il ces imaginaires? Quelles places y occupent les femmes et les hommes? Avec sHeroes – une exposition jouable – prenez les manettes pour explorer ce qui se joue entre genre et jeux vidéo! Jusqu’au 20 juillet 2019 à la Bibliothèque de la Cité – espace le Multi (rez-de-chaussée) SHEROES DANS LES MÉDIAS: => Le Temps, 08.03.2019 («Après le Gamergate et #MeToo, quelle place pour les femmes dans les jeux vidéo?») => RTS, «Forum», 02.03.2019 (Interview de Marion Coville, commissaire scientifique de l’exposition): POURQUOI SHEROES? Princesses, guerriers, aventurières… Les personnages qui peuplent les jeux vidéo nous font incarner de multiples rôles pour explorer leur univers. Comment le genre façonne-t-il ces imaginaires ? Quels rôles y occupent les femmes et les hommes ? Le genre est un rapport social : il organise nos relations et la manière dont nous faisons société. Tout au long de notre vie, nous apprenons à différencier les attitudes jugées «féminines» ou «masculines» et à nous comporter «comme un homme» ou «comme une femme». Le genre dresse des barrières entre les hommes et les femmes et nous donne une place selon notre sexe. Les rôles dits «masculins» sont souvent valorisés, au détriment des rôles dits «féminins» : le genre est source d’inégalités, d’exclusions et de discriminations. Le genre traverse tous les aspects de notre vie : famille, éducation, culture, travail… Le jeu vidéo n’est pas en reste : c’est une pratique culturelle populaire, avec laquelle nous construisons notre identité et notre expérience du monde. S’intéresser au genre dans les jeux vidéo, c’est observer les personnages, leur corps, leurs vêtements ou leur mise en scène : armure ou bikini ? Les vêtements et les attitudes servent-ils les actions ou le plaisir des yeux ? C’est aussi examiner les règles du jeu et les actions qu’elles valorisent ou rendent inaccessibles : l’attaque est-elle le seul horizon possible ? Nos possibilités d’actions sont-elles contraintes selon le genre de notre personnage ? Enfin, c’est aussi prendre en compte les joueuses et joueurs, les conceptrices et concepteurs des jeux que nous utilisons ou encore celles et ceux qui oeuvrent pour des jeux vidéo plus inclusifs. S’il véhicule des imaginaires genrés, le jeu vidéo constitue en effet un formidable moyen d’expression pour valoriser d’autres identités, changer les règles, et créer d’autres mondes possibles. Avec sHeroes, prenez les manettes pour explorer ce qui se joue entre genre et jeux vidéo ! Exposition conçue et réalisée par les Bibliothèques Municipales de la Ville de Genève Commissariat scientifique : Marion CovilleScénographie : Dimitri Delcourt et Sophie CzichTechnique : David HodgettsImpression : Atelier RichardConstruction : ArtsolutionsTraduction de « Behind Every Great One » : GenevaTrad PROGRAMME DE MÉDIATION Mission sHeroesLa table ronde a eu lieu le 5 mars, vous trouverez la vidéo en ligne ici et ci-dessous : Visites guidées et initiation aux jeux. Un tour de jeu dans l’exposition sHeroes Les samedis 11 mai, 8 juin et 15 juin à 15h /!\ La visite du 30 mars est annulée Bibliothèque de la Cité – Le MultiÂge : Tout public, dès 8 ansDurée : 2hInscriptions : https://bmgeneve.agenda.chLes visites vous permettront de comprendre les enjeux de l’exposition et de tester les jeux vidéo grâce à la médiatrice culturelle Ana-Luisa Castillo, spécialisée dans le jeu vidéo. Stéréotypes et stéréodames. (Dé)construire un jeu vidéo Du 23 au 25 avril, de 14h à 17hBibliothèque de la Cité – Espace le 4eÂge : de 10 à 14 ansDurée : 3h par après-midiInscriptions : https://bmgeneve.agenda.chPendant trois après-midi, les Bibliothèques municipales proposent au public de 10 à 14 ans de réaliser un jeu vidéo sur le thème des stéréotypes, sans passer par le codage et en se basant uniquement sur le dessin et l’imaginaire de chacun-e.Quel rapport entre jeux vidéo et stéréotypes de genre ? La première réponse qui vient à l’esprit est que le jeu vidéo les véhicule.Comment sortir du modèle du héros qui sauve une princesse ou de l’homme viril qui résout ses problèmes par la violence ? Cet atelier propose de déconstruire des croyances pour montrer que d’autres modèles sont possibles. À travers le jeu vidéo, les enfants sont invités à réfléchir à leurs propres représentations pour créer une nouvelle histoire à jouer ! Avec Giulia Valsecchi, intervenante au 2e Observatoire sur les questions de genre et de l’éducation et Ivan Gulizia, game designer. Stéréo-mythes Le 5 juin, de 15h30 à 17hBibliothèque de la Cité – Espace le 4eÂge : de 8 à 11 ansDurée : 2hInscriptions : https://bmgeneve.agenda.ch Stéréo-mythes est un atelier qui aborde la diversité des genres, la coexistence et la tolérance à travers le dessin et le jeu. Qu’est-ce que le genre ? Concept de sciences sociales, il désigne les différences non biologiques entre hommes et femmes. Ces différences toutes construites sont remises en question, car de nombreuses personnes ne s’y reconnaissent pas.Stéréo-mythes est une collection de sculptures interactives conçues pour parler du genre.Les enfants travailleront avec des personnages fictifs de la littérature et des jeux vidéo, qui leur permettront de comprendre que les différences peuvent nous rendre uniques et spéciaux-ales.Les sculptures réalisées par les enfants pendant l’atelier, seront visibles jusqu’au 9 juin et pourraient être remaniées par les visiteur-euse-s de passage…Avec Rocio Egio, designer et conceptrice de Stéréo-mythes En partenariat avec le Festival Spielact L’EXPO EN PHOTOS Photographies de Frank Mentha

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Numérique, c’est quoi ton #genre ? (Introduction)

Des pistes de lecture, d’écoute, de visionnement et de jeu dans les catalogues des Bibliothèques municipales et de la Bibliothèque Filigrane, ou sur Internet Les pistes de lecture/écoute/jeu/visionnement autour du thème « Numérique, quel est ton #genre? » sont en ligne ici:=> Pionnières du numériques=> Le numérique a-t-il un genre?=> Elles font le numérique=> Internet, un mégaphone des luttes féministes=> #balancetontroll=> IntelliGenre artificiElle Plus de 80 objets physiques (livres, disques, DVD, jeux vidéo) pour autant de liens vers des sources sur Internet : parmi les bibliographies publiées par les Bibliothèques municipales, celle-ci se singularise par son penchant pour les ressources électroniques. C’est le reflet de son thème : la Semaine de l’égalité en Ville de Genève, organisée avec le service Agenda 21-Ville durable, explore cette année les manières dont les rôles de genre se font et se défont dans les univers numériques. C’est également l’effet d’un paradoxe : les TIC (ces « Technologies de l’Information et de la Communication » qu’on continue à appeler « nouvelles ») apparaissent à la fois comme un territoire où l’absence des femmes est très alarmante et comme un domaine où leur présence s’exprime d’une façon particulièrement frappante. En fait, les femmes aussi créent le numérique depuis les balbutiements de celui-ci, et elles continuent aujourd’hui. La première personne qui élabora un programme pour transformer une machine à calculer en appareil à traiter l’information (c’est-à-dire en ordinateur) est la mathématicienne Ada Lovelace, en 1843. Nos téléphones portables et réseaux Wi-Fi utilisent un système de codage développé par l’inventrice et actrice Hedy Lamarr en 1941. Une étude publiée en 2017 dans la revue scientifique PeerJ montre que les femmes sont jugées meilleures que les hommes en matière de codage informatique, à condition que les juges ne sachent pas que le code a été écrit par des femmes… Les trois premiers chapitres de cette bibliographie suivent ce fil, tentant de rendre visibles les femmes du numérique, mais aussi les processus (biais éducatifs, stéréotypes de genre, cultures d’entreprise…) qui les occultent et les écartent. Les trois chapitres suivants s’intéressent à la manière dont les technologies électroniques sont utilisées comme des instruments de dénonciation, d’émancipation et de construction d’identités nouvelles, soustraites aux contraintes des rôles de genre. #MeToo, vaste dévoilement des violences sexistes et sexuelles dans tous les domaines de la vie, a trouvé son premier terrain d’expression sur Internet – et il s’agit sans doute du premier mouvement social dont l’appellation, en forme de hashtag, est elle-même un objet numérique. En faisant un pas en arrière (vers l’époque où le numérique était chargé d’espoirs utopiques) et un bond en avant (vers le futur de la science-fiction), le tout dernier chapitre plonge dans le cyberféminisme et dans l’imaginaire cyborg… Des pionnières électroniques aux femmes-déesses-machines des sagas stellaires, en passant par les militantes qui utilisent le Web comme mégaphone, il y a ici de quoi réimaginer le genre, le numérique et, à travers eux, le monde. Les bibliothécaires et les médiateurs et médiatrices culturel-le-s numériques Le programme de la Semaine de l’égalité 2019 (du 1er au 9 mars), organisée par le Service Agenda 21 et les Bibliothèques municipales, est toujours en ligne ici.

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Espace Le 4e

«Le 4è» est notre espace voué au numérique. On peut se lover dans ses «cocons/corolles» pour tester des jeux vidéo, emprunter un-e bibliothécaire pour se repérer dans les labyrinthes de l’informatique, apprendre à créer un robot ou une vidéo. On peut aussi y découvrir des créations et des réflexions qui explorent les facettes méconnues de notre monde surconnecté. Toutes les informations sur l’agenda des BM, catégorie « numérique » : http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bm/agenda/ Inscriptions sur : https://bmgeneve.agenda.ch/

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Que se passe-t-il lorsqu’on croise les thèmes de la «nature» et du «numérique»? Pendant une année, nous explorons la manière de rendre nos vies connectées plus vertes, nous contribuons aux sciences naturelles avec nos smartphones et nous rassemblons des artistes qui hybrident l’électronique avec le vivant… => La programmation ECOLOGIE ET NUMERIQUE Les outils numériques peuvent-ils se mettre au service de la transition écologique? Les appareils connectés qui remplissent nos vies sont-ils compatibles avec la sauvegarde de notre environnement? À travers nos ateliers et tables rondes, nous questionnons la nature, la société et la technologie en quête de solutions. EN SAVOIR PLUS => La programmation LE PARC AUGMENTÉ Les parcs citadins évoquent à la fois des bouts de forêt en pleine ville, des jardins plus ou moins paradisiaques, des places publiques qui se seraient mises au vert. Ces parenthèses semi-sauvages dans le tissu urbain sont un réservoir d’histoires entre réalité et fiction. Le projet Le Parc augmenté récolte ces récits, les cueillant dans des pages de livres, dans des séquences de films, dans des chansons… ou dans votre vie. EN SAVOIR PLUS => Les autres rendez-vous => Quelques liens genevois pour une écologie numérique Itopie Itopie est une coopérative à taille humaine basée à Genève.Elle se bat pour une informatique libre, éthique, durable et citoyenne. Repairs cafésLa FRC a mis en place des « repair cafés », principalement aux moments de « La ville est à vous », tenu par un réseau de bénévoles bricoleur.euse.s et aidant.e.s GE répare« Réparer plutôt que jeter », voilà la maxime de ce site qui est un carnet d’adresse vers des entreprises de réparation de tout type d’objets. Fablab Onl’FaitÀ propos de réparation, certains objets sont difficilement réparables, à moins de fabriquer soi-même les pièces ou d’en apprendre plus en électronique… par exemple au FabLab Onl’Fait. Les conversations carbonePour les plus curieux.ses et motivé.es, les conversations carbones consistent en 6 séances de discussion puis d’étude à la maison afin de déterminer votre bilan carbone et comment le réduire. Et ensuite, à vous d’essaimer l’idée auprès de vos proches! D’ailleurs, ça commence par moi (c’est mal parti, déjà avec le point 1 : « je me désabonne des newsletter et spams », pour notre part, médiateurs culturels numériques, nous explosons les high-scores…). Sur le site de Terragir, vous pouvez même calculer votre empreinte carbone, ou en savoir plus sur leurs actions en milieu scolaire « Les robins des Watts«     

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Parc la Grange – Un lieu de rencontres secrètes

Une plongée dans l’imaginaire romanesque du parc La Grange… Aussi longtemps qu’on s’en souvienne,ce parc a été un parc.Un lieu de culte et de culture,dans tous les sens du terme,un lieu où on fait pousser des choses. Les Allobroges, qui étaient les Celtes du coin, faisaient pousser des mégalithes, c’est-à-dire des menhirs.Les Romains du coin, qui étaient en fait des Allobroges devenus romains, faisaient pousser des restes romains,qui avant d’être des restesétaient une villa romaineun peu clinquante,un peu tapageuse,un signe extérieur de richesse.Jésusen 1444fait pousser des poissonsdans le célèbre tableau «La pêche miraculeuse», du peintre Konrad Witz,qui transpose le miracle biblique quelque part au large du parc La Grange.(On peut voir ce tableau au Musée d’art et d’histoire:c’est la plus ancienne image de ce lieuet c’est la plus ancienne représentation réaliste d’un paysagedans l’histoire de la peinture européenne.) On continue. Un certain nombre de membres de la famille Lullinfont pousser un jardin et une villa.Un certain Favre fait pousser une bibliothèque,qu’il remplit de 15’000 livres, à côté de la villa.Un autre Favre fait pousser un alpineum,c’est-à-dire un paysage alpin en toc,mais très bien imité,prenant pour modèle un marécage situé à Faverges, sur le Salève. La Ville de Genève prend possession des lieux en 1918,légués par un petit dernier Favre.Elle fait pousser au cours du siècle qui s’ensuitdes roses,des tortues,des saules pleureurs,des canards,un théâtre,des concerts,une bibliothèque ambulante. Ce parc est un parc, donc.Mais encore?Quel est ce lieu,quelle est la nature de cet endroit?Pour répondre,comme nous sommes ici sur le site Internet d’un réseau de bibliothèques,nous avons parcouru des textes.Le premier dit à peu près ça(on dit «à peu près»parce qu’on l’a fait traduire de l’allemand par Google Translate,en le retouchant juste un petit peu): «Il franchit une haute porte en fer forgé pour entrer dans le parc, encore désert à cette heure matinale. En un gigantesque octogone, découpé en secteurs comme les tranches d’une tarte, poussaient des milliers de roses. Au-delà, Philip aperçut la bâtisse blanche. Appuyé contre la rambarde se tenait Donald Ratoff, gros et court sur pattes, à côté d’un homme grand et mince. Ratoff agita la main. Philip fit un signe en retour. Qui était le deuxième homme? Ratoff ne l’avait pas mentionné. À travers le lit de roses, Philip s’approcha de la maison. «Salut», dit Ratoff, alors que Philip s’avançait vers les deux hommes. Il tendit une main molle et moite, qui se logea dans celle de Philip sans exercer la moindre pression. «Heureux que tu sois venu si vite.» Il présenta le deuxième homme, qui était vêtu d’un costume beige d’été. «M. Günter Parker, commissaire principal, chef de la Commission spéciale 12 juillet.» «Ravi de faire votre connaissance», déclara Parker. Sa poignée de main était ferme. Il avait un visage mince et bronzé, des cheveux blonds coupés court, des sourcils blonds et touffus et des yeux brillants. Commissaire principal – pensa Philip – et pourtant si jeune. Il paraissait étrangement sérieux et triste. Philip se sentit soudain très vieux. Le gros Ratoff, qui affichait une bouche tordue et un crâne sur lequel on ne trouvait pas un cheveu, dit: «Vous savez ce qui s’est passé à Berlin.» «À Berlin?» «Hier après-midi à Spandau. Aux United Remedies. C’est alors que…» «Oh, bien sûr!» Soudain, Philip se souvint de ce qu’il avait vu et entendu sur la chaîne ZDF, juste avant que Simone ne vienne à son appartement. «Un nuage de chlore gazeux s’est échappé d’une chaudière industrielle. Beaucoup de morts. Des centaines d’empoisonnés. Des émissions spéciales à la télé… C’est pour ça que vous…» «Oui, Monsieur Sorel», répondit Parker, qui tenait dans ses main une valise diplomatique. «C’est pour cette raison que nous sommes ici. Quatorze autres personnes sont mortes depuis que vous avez vu le rapport.» «Horrible», déclara Ratoff en baissant le regard vers ses chaussures sur mesure Ferragamo. Les chaussures étaient d’un gris argenté, comme son costume, qu’il avait assorti d’une chemise bleue et d’une cravate à rayures argent et bleues. «Absolument horrible. Souvenez-vous, c’est nous qui avons construit le centre de données.» «Pourquoi?» demanda Philip. «L’accident est-il dû à une erreur du centre de données?» «Nous ne le savons pas», répondit Parker. «L’enquête n’est en cours que depuis hier. Une chose est certaine. Ce n’était pas un accident, c’était une attaque terroriste.» «Terrible, Philip, tout à fait horrible», intervint Ratoff. «Le commissaire principal a ordonné un blackout de l’information. C’est pour cette raison que je t’ai appelé depuis le parc. Ici, nous pouvons parler sans que personne ne nous entende.» «Comment êtes-vous arrivé à Genève si tôt, M. Parker? Je veux dire, avec quel avion?» «Un vol spécial», dit vivement Ratoff. «Nous avons atterri il y a une heure.» «Marchons un peu», dit Parker. Dans l’octogone de roses, l’odeur devenait presque assourdissante. Il n’y avait toujours personne en vue et les oiseaux chantaient encore dans les cimes des arbres. Philip regarda, au-delà du parc, le lac luisant sous le soleil. En 1999, l’auteur autrichien de best-sellers Johannes Mario Simmel(35 romans, 73 millions d’exemplaires, 33 langues),fait donc pousser avec son roman Liebe ist die letzte Brücke («L’amour est le dernier pont»)une intrigue internationaledans le parc La Grange:un lieu où,si l’on en croit l’écrivain,on parvient à se cacher des yeux du monde.Un lieu de rencontres secrètes et de séparation,comme les cavernesminérales ou végétalesdes rituels d’initiation des sociétés tribales –un lieu où l’on passe un certain temps à l’écart,avant de retourner prendre sa place en société,mais transformé-e. C’est ce qui se passedans le deuxième texteque nous avons parcourupour tenter de comprendre la nature de ce lieu –un roman dont la narratrice,Johanne,parcourt trois fois un parc genevois doté de colonnes,en ne sachant pas,puis en espérant,puis en sachantqui elle rencontrera. «La vitrine vibre dans mon dos. La porte a claqué. La journée est finie. Je peux partir plus tôt. La patronne fermera. Je passe par le parc. M’aérer. M’asseoir sur un banc. Observer les reflets du ciel. La douceur de l’air me caresse. Avec gentillesse. Je rejoins les dalles sous les arcades. Entendre le son de mes pas. J’avance. […]

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Parc de l’Ariana – Indiana Jones et les nazis du Léman

Une plongée dans l’imaginaire romanesque du parc du parc de l’Ariana… Le texte que je tiens entre les mainsest une tentative de comprendre où je suis. Qu’est-ce que c’est que ce lieu improbable,incrusté dans le quartier des organisations internationales,dominant une pente verte qui roule jusqu’au lac?Quelle est sa place dans le vécu et dans l’imaginaire de cette ville?Dans quel but y a-t-on planté ce palais hyperbolique?Quel genre de personne vient y traîner? Vous m’excuserez de convoquer une référence un peu convenue,mais il faut le dire:bien que le nom de ce parc renvoie à une dénommée Ariana,il s’avère ardu de détecter le fil de cette Ariana-là.Pourtant, cette Ariana s’appelait bien Ariane,Ariane de la Rive.D’ailleurs ce parc allait justement jusqu’à la rive,où il y avait un port qu’on appelait «port de l’Ariana»avec un restaurant sur pilotis.S’appuyant sur la documentation iconographique de l’époque,c’est-à-dire sur des vieilles cartes postales,le journaliste Jean-Claude Ferrier de la Tribune de Genèveécrira,bien plus tard,que cet établissement ressemblait –on le cite –à une pagode chinoiseou à un gâteau de mariage bavarois.Le journaliste note aussi quele restaurant du port de l’Arianaest démolien 1911parce que son architecture déplaisait semble-t-il très fortementau public genevois. Il s’avère ardu, disais-je,de trouver le fil d’Arianequi, de la rive,conduit au lieu où nous nous trouvons aujourd’hui.Mais comme nous sommes icidans une appendice,une excroissancemouvante et connectéed’un réseau de bibliothèques,nous avons malgré tout cherché ce filen feuilletant des livres.Et comme nous sommes ici en un lieu,où l’on explore des chosesréelles et imaginairespar des voies numériques,nous avons aussi cherché ce filsur le réseau. Commençonspar ce par quoi il est facile de commencer. Avant d’être un parc,ce parc est une campagneappelée Varembé,partagée en plusieurs domaines,dont l’un appartientà un certain Revilliod.Revilliod se marieavec Ariane.Ariane et Philippe-Léonard– c’est le prénom du type –ont un enfant,Gustave,qui voyage,collectionne,hérite,agrandit le domaine,construit ce palais,meurt célibataire et sans enfants,léguant ses biens à la Villeen 1890. Arrêtons-nous un instantsur cet ensemble de circonstances.Vous êtes Gustave,vous possédez un hôtel particulierau 12, rue de l’Hôtel-de-Ville,que vous remplissez d’objets ramenés de partout,que des gens viennent admirer de partout,jusqu’au moment où vous vous trouvez à l’étroit:il faut plus de placepour cette collection,pour cette admiration. Vous décidez donc de construireun lieu monumental et majestueuxpour abriter et montrerles 30’000 pièces amassées çà et là. Pour mettre en route ce projetvous embarquezdans une escapadeun jeune homme,qui a fait des études d’architecture.Vous l’embarquezpour qu’il s’imprègnedu style des palazzi somptueuxqu’on bâtissait en 1500, en 1600 ou en 1700en Italie.Vous reveneztous les deuxavec plein d’idées,vous les mélangez touteset vous construisezvotre musée privée. C’est ça, la vie à la Gustave. Et vous baptisez votre palaisen hommage à votre mèrequi entre-temps est défunte,vous laissant un héritage qui,justement,vous a permis de dépenser comme ça sans compter.Vous donnez donc au palaisle nomme d’Ariane,un petit peu modifié:Ariana. Or donc,au sujet d’Ariane,il est malheureux de constater que l’intégralité du Webne dit presque riensi ce n’est que le peintre Firmin Massot lui fit à dix-huit ans un portraitet qu’elle fut ensuite l’épouse de Philippe-Léonard,puis la mère de Gustave,et que Gustave écrivit dans son testament«Ma mère m’a inspiré dès mes plus jeunes ans, et a nourri plus tard en moi les goûts qui ont fait le bonheur de ma vie» –et c’est à peu près tout.On peut ainsi dire que l’Ariana célèbre Arianeen la faisant disparaître. On part donc tirer les fils qu’on peutdans le catalogue des bibliothèqueset dans d’autres bases de données,et on trouve non pas un fil,mais un petit écheveau passablement écheveléayant pour fil rouge un je-se-sais-quoi d’impénétrable et sibyllin. Si on tire un premier filde cette pelote d’Arianeen tapant «parc» et «Ariana» dans Google Bookson tombe surMonsieur Thorpe,étrange nouvelle d’Emmanuel Bove,étrange auteur français,de mère luxembourgeoise et de père russe,qui fit un bout de scolarité à Genèveau début des années 1910sous l’identité d’Emmanuel Bobovnikoff,qui était en fait son vrai nom.Dans la nouvelle,publiée en 1930,on ne sait pas trop ce qui se passe,si ce n’est peut-être le mystèresouvent perturbantque les adultes représentent pour les enfants. «Avant que mes parents eussent quitté Genève, nous habitions dans une maison neuve de la rue de l’École de Médecine, au sixième étage. (…) Ce fut dans cet appartement que je vis pour la première fois M. Thorpe. Mon père l’avait amené à déjeuner, mais ainsi qu’il faisait toujours, sans prévenir ma mère. Je n’avais absolument prêté aucune attention à ce convive, et sans les relations qui suivirent, je crois qu’il eût disparu à tout jamais de ma mémoire. Car, à table, j’étais toujours absent. Je n’avais qu’une pensée, finir rapidement le repas afin de m’éclipser. C’était un supplice pour moi d’attendre que mes parents eussent achevé. Aussi, quand nous avions un hôte et que le repas se prolongeait, je sentais sourdre en moi une grande colère à l’endroit de l’invité qui, sans s’en douter, m’obligeait à rester à table. Finalement, lorsque je pouvais me lever, j’éprouvais un tel soulagement que j’oubliais presque aussitôt celui qui était cause de la lenteur du repas. J’avais donc complètement oublié M. Thorpe lorsqu’au printemps de l’année 1910 ou 11, je l’aperçus au parc de l’Ariana. Il était assis face au lac et regardait au loin le Mont-Blanc, semblable, vu de cet endroit, au chapeau de Napoléon, ainsi que le disent les petites brochures de propagande. Je ne l’avais pas reconnu mais son visage, l’ensemble de sa personne, m’étaient familiers. J’allais continuer mon chemin, lorsque, tout à coup, il se leva, me sourit et vint à moi. Je m’arrêtai et attendis qu’il m’apprît qui il était, mais il ne paraissait pas s’apercevoir que je ne me rappelais pas son visage. Tout de suite il me demanda comment allaient mes parents. Quand je lui appris qu’ils étaient partis pour le midi de la France, il eut une mine si surprise et si inquiète que je craignis tout à coup d’avoir dévoilé l’adresse de mon père. Au même moment, je me souvins du déjeuner qu’il fit chez nous et je le revis parlant à mes parents. Était-il leur ami ? Je l’ignorais. C’est une faiblesse des enfants de ne pouvoir évaluer le degré d’amitié qu’ont leurs parents […]

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Parc des Cropettes – «Un immense flash avec une lumière tout près de nous mais dans le ciel»

Récit d’une jeune anonyme interviewée par Jeffrey le 11 juillet 2018 au parc Bertrand, dans le cadre d’une mission d’été du Service de la jeunesse. «C’était il y a à peu près six-sept ans, j’étais encore assez jeune et je n’étais pas complètement nette, je l’avoue. Et on était avec une amie posées sur un banc dans le parc des Cropettes à côté de la mare aux canards. Donc on était tranquillement posées, on parlait, on discutait de la vie, et d’un coup je lève ma tête et là, il y a un flash, vraiment très près, un immense flash, avec une lumière qui passe tout près de nous mais dans le ciel, et une sorte d’éclair comme s’il y avait un trait qui passait dans le ciel. D’abord ma première réflexion, c’est de taper sur l’épaule de mon amie pour lui montrer et… Je n’ai jamais vraiment cru aux extraterrestres et tout, mais là j’étais convaincue d’avoir vu un OVNI, mais genre vraiment. Et malheureusement mon amie n’a pas pu voir ce que j’ai vu, mais même maintenant, je suis convaincue d’avoir vu un OVNI, voilà. Sinon, mes souvenirs dans les parcs, ce sont tous mes anniversaires. Je pense qu’en étant genevois, on vient tous passer nos anniversaires, nos soirées d’été, les soirées de galère en hiver dans des parcs, on s’amuse toujours dans des parcs genevois, voilà. Je pense que j’ai passé la majeure partie de mon enfance et de mon adolescence dans des parcs, et même au jour d’aujourd’hui, c’est toujours une valeur sûre pour traîner et passer un bon before*.» * La partie de la soirée qui précède la phase proprement festive (ndlr) Avez-vous une histoire marquante, étrange, amusante, un beau souvenir ou un épisode curieux à nous raconter, en lien avec un parc genevois? Avez-vous vu ou vécu quelque chose de particulièrement significatif dans l’un de ces lieux? Quels sont votre meilleur et votre plus étrange souvenir d’une chose vue ou vécue dans un parc? => Pour partager vos histoires, écrivez-nous à l’adresse leparcaugmente@numeriquebm.ch ou envoyez-nous un fichier son, image ou vidéo via la page www.numeriquebm.ch/index.php/le-parc-augmente

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