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NATURE & NUMÉRIQUE, ÉVÉNEMENTS DE LA SAISON 2019

Que se passe-t-il lorsqu’on croise les thèmes de la «nature» et du «numérique»? Pendant une année, nous avons exploré la manière de rendre nos vies connectées plus vertes, comment contribuer aux sciences naturelles avec nos smartphones et nous avons rassemblé des artistes qui hybrident l’électronique avec le vivant… Retours et documentation des évènements Vous pouvez retrouver ci-dessous la majorité des évènements numériques qui ont eu lieu autour de la thématique de la nature, et accéder à des contenus supplémentaires, aux retours des ateliers, ou aux présentations des intervenant-e-s.

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Genefreaks – Vie et prodiges des phénomènes de foire genevois / Conférence en ligne

Initialement : Mer 18 mars, 18h30, BM Eaux-VivesMer 25 mars, 19h, BM Cité, Espace le 4e Maintenant :La conférence a été adaptée en une série de 3 épisodes vidéo ! Les vidéos seront publiées au fur et à mesure, retrouvez-les dans l’article ci-dessous. 26 mars, 19h : épisode 11er avril, 19h : épisode 28 avril, 19h : épisode 3 Genève a eu son lot de «freaks» : des «phénomènes humains» exhibés dans les baraques foraines sur les quais pour le Nouvel An, sur la plaine de Plainpalais lors de l’Exposition nationale de 1896, au Luna Park des Eaux-Vives au début du 20e siècle. Effacés de la mémoire collective, ces «monstres» ont pourtant laissé des traces. L’une de ces créatures est même devenue une célébrité mondiale: la femme à barbe Joséphine Clofullia, née Boisdechêne, partie de Versoix et devenue l’une des vedettes du musée Barnum aux États-Unis… Le projet «Genefreaks» sort ces personnes de l’oubli et les fait revivre en donnant à voir et à entendre leurs histoires. RETROUVEZ LE CALENDRIER COMPLET DES ÉVÉNEMENTS «MONSTRE» (ou pas) DES BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES EN LIGNE ICI

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Le numérique génère-t-il des monstres?

Tératologie* du monde connecté Initialement : Mercredi 29 avril, 19h, BM Cité, Espace le 4e Maintenant :Mercredi 29 avril, 20h30, en ligne. Infos à venir sur cette page pour suivre la table ronde. Quels sont les monstres de l’âge numérique? Les algorithmes, les réseaux sociaux, le capitalisme de surveillance, l’intelligence artificielle, les fake news, Google, le Web lui-même? Quoi d’autre? S’agit-il de monstruosités inédites, engendrées par nos outils électroniques, ou de simples mises à jour de monstres anciens et déjà connus? Et au milieu de ces monstres terrifiants, y a-t-il quelques spécimens de ce que l’auteure Donna Haraway appellerait des «monstres prometteurs»? Table ronde avec Aude Seigne (auteure de Une toile large comme le monde, co-auteure du feuilleton littéraire Stand-by), Gea Scancarello (auteure de Votre cerveau a été piraté) et Nicolas Nova (anthropologue du numérique) *Du grec téras, «monstre» et logía, «étude de»: la tératologie est l’étude des monstres RETROUVEZ LE CALENDRIER COMPLET DES ÉVÉNEMENTS «MONSTRE» (ou pas) DES BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES EN LIGNE ICI

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Freak-Cité, un week-end de monstres

Samedi 22 février, 14h-18h30 & dimanche 23 février, 13h-17h BM Cité, Espace le 4e Un bonimenteur happe votre attention, vous entraîne dans un recoin de la bibliothèque, vous fait franchir un seuil de mystère : vous voici en présence d’une collection de créatures… Dans une scénographie mêlant fête foraine, freak show et immersion numérique, des artistes et conférencier-e-s montrent des monstres pour explorer, le temps d’un week-end, l’insondable étrangeté du monde et de l’humanité. LES PHOTOS DU WEEK-END LES ATTRACTIONS Téléchargez la grille horaire du dimanche ici Téléchargez la grille horaire du samedi ici • Renaissances monstrueuses – Philippe Simon120 créatures composées d’organes humains, de parties animales et d’objets inanimés jaillissent en 1565 de l’esprit du dénommé Desprez, brodeur et dessinateur à Paris, sous l’influence des romans de François Rabelais. Un demi-millénaire plus tard, ces entités hybrides hantent Philippe Simon, journaliste, musicien, auteur d’une thèse sur La figure du monstre dans l’oeuvre de Rabelais. Le chercheur se livre à une conférence foraine entre le songe drolatique, le transhumanisme rupestre, la psychologie des profondeurs et quelques louchées d’inquiétante étrangeté. Samedi à 14h45, 15h45, 16h45 et 17h15, dimanche à 13h45, 14h45, 15h45 et 16h15 • Bestiar.io – Nicolas NovaDepuis une dizaine d’années, Nicolas Nova rassemble un bestiaire de créatures hybrides, au croisement du monde animal et du règne technologique. Muni d’un bagage de biologiste et d’une expérience d’ethnologue (il observe nos rituels numériques comme d’autres scrutaient les cérémonies tribales aux îles Trobriand), le chercheur se livre à une conférence foraine où les monstres de l’Anthropocène poussent entre nature et culture, mêlant l’amanite, le tamagotchi, la puce d’ordinateur et la chauve-souris.Samedi à 14h15, 15h30, 16h15 et 17h15 • Homo Metamorphosis – Justine LüdiSi on vous proposait de vous métamorphoser, en mettant au point votre mixture d’évolution naturelle et de mutations technologiques, quelle sorte d’être humain deviendriez-vous ? Graphiste et media designer, Justine Ludi vous propose des avatars pour expérimenter les réponses à cette question dans un atelier qui explore le transhumanisme de manière ludique et décomplexée. Serons-nous façonné-e-s par des climats hostiles ? Vivrons-nous éternellement grâce à la génétique ? Deviendrons-nous des monstres de science-fiction ? À vous de jouer…Samedi et dimanche, ouvert sans inscription de 15h à 17h • Dragonologie des chemins alpins – Agathe Hazard Raboud Il fut un temps où la dragonologie était une science naturelle. Entre le 16e et 18e siècle, les naturalistes de passage dans les Alpes suisses décrivaient doctement les monstres volants qu’on se devait d’apercevoir au cours du voyage. La comédienne et auteure Agathe Hazard Raboud se met dans la peau d’une voyageuse qui croise ces créatures dans une conférence foraine entre l’enquête zoologique, la flânerie légendaire et le cabinet de curiosités. (Inspirée du projet Wonderalp, Université de Lausanne).Samedi à 14h, 15h, 16h15 et 16h45, dimanche à 13h15, 14h15, 15h15 et 16h15 • Dalunsch – Victorine MüllerLes chimères géantes de Victorine Müller sont faites d’air (celle du lieu où elles apparaissent), de chair (celle de l’artiste) et d’un imaginaire qui semble traverser l’humanité et s’incarner dans ses oeuvres à l’aide du somnambulisme et du rêve. L’artiste zurichoise clôture le samedi de Freak-Cité au crépuscule en performant sur le parvis de la Cité, rue Tour-de-Boël, une création dont (comme toujours chez elle selon les mots de la curatrice Gabrielle Obrist) « le secret ne peut être dévoilé par aucune tentative d’interprétation ». Samedi à 18h • Atelier du Dr Freakouture – Muriel DécailletEnfile ta blouse blanche, prends ton fil et ton aiguille et répare, coud, déchire, recolle, suture, agrafe, rapièce et deviens la créatrice ou le créateur de ta créaturrrrrre ! À l’atelier du Dr Freakouture, on donne naissance à des êtres faits de beau et de laid, de bouts de quelque chose et de rien du tout. On cherche, on ose, on effraie et on s’attache à sa petite progéniture monstrueuse en devenir…Samedi et dimanche à 14h, pour enfants de 8 à 12 ans.Durée: 2 heures.Inscriptions : bmgeneve.agenda.ch – COMPLETRendez-vous autour de la sculpture «Création (Mary W. Shelley)» de Muriel Décaillet (près du bureau de l’accueil de l’Espace le 4e). • Invité spécial : David Valère dans le rôle de Monsieur Loyal Un bonimenteur happe votre attention, vous entraîne dans les recoins de la bibliothèque, vous fait franchir un seuil de mystère… Comédien, auteur et metteur en scène, David Valère incarne ce rôle à très haut voltage. Création (Mary W. Shelley) – Installation de Muriel DécailletLa créature anonyme que l’imaginaire populaire appelle «Frankenstein» a un créateur (le Dr Frankenstein, justement), mais surtout une créatrice: Mary W. Shelley, qui lui donne le jour par l’écriture en 1816, âgée de 18 ans. Muriel Décaillet, artiste plasticienne attachée à la beauté monstrueuse des corps et à l’«empouvoirment» des femmes, rend hommage à une écrivaine paradoxalement méconnue, entre féminisme, couture organique et science-fiction gothique. Scénographie foraine – François Moncarey (MySquare)Que montre-t-on dans un freak show en 2020? Des créatures anciennes dopées au numérique? Des êtres qui, dans nos sociétés inclusives, demeurent hors norme? Ou vous et moi, «monstrifié-e» par une technologie sorcière? Le scénographe François Moncarey (MySquare) explore ces pistes dans des espaces de la Cité convertis en fragments d’une fête foraine. Le souvenir d’un temps où l’on s’émerveillait face à des animaux improbables et à des «monstres humains» croise l’illusionnisme numérique et les interrogations que soulèvent aujourd’hui ces phénomènes de foire Bibliothèque de la Cité (5, place des Trois-Perdrix, Genève)ATTENTION: samedi après 17h, l’accès se fait côté Vieille-Ville, par le 10, rue de la Tour-de-Boël RETROUVEZ LE CALENDRIER COMPLET DES ÉVÉNEMENTS «MONSTRE» (ou pas) DES BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES EN LIGNE ICI

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Data Detox

L’exposition Nos outils numériques nous traquent. Géolocalisation par smartphone, historique de navigation sur Internet, repérage de notre emplacement sur les réseaux sociaux… Ces traces sont récoltées, vendues, utilisées pour nous influencer. L’exposition Data Detox réalisée par la Bibliothèque de l’EPFL est visible à l’Espace le 4e de la Bibliothèque de la Cité jusqu’au 26 janvier 2020. L’occasion pour constater que nos activités en ligne produisent beaucoup de données personnelles et de comprendre qu’elles sont exploitées par des tiers. Après ce constat étourdissant, la visite de l’exposition vous apporte quelques pistes pour limiter la collecte et/ou l’exploitation de vos données personnelles. Une brochure contenant des exercices pour mieux protéger votre vie numérique vous accompagne dans la visite de l’exposition Data Detox. Pour l’obtenir en version papier, rendez-vous à l’Espace le 4e à la Bibliothèque de la Cité ! Ressources sur le sujet Accédez directement aux ressources dans le catalogue des bibliothèques municipales en ligne. Retrouvez le contenu de l’exposition en ligne Ateliers Data Detox Dimanche 1er décembre 2019  Dimanche 12 janvier 2020  14h | env. 2h | sans inscription Un-e bibliothécaire vous accompagne dans votre visite de l’exposition Data Detox à l’Espace le 4e. Vous souhaitez mieux paramétrer votre smartphone ou votre navigateur pour améliorer la protection de vos données personnelles ? Après un court bilan de santé de votre identité numérique, accompagné-e d’un-e bibliothécaire, mettez en pratique des outils présentés dans l’exposition. N’oubliez pas votre ordinateur et/ou votre smartphone !

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Recyclez vos téléphones !

Une urne de récupération de téléphones usagés est disponible à l’espace le 4e de la Bibliothèque de la Cité, mais aussi à la Bibliothèques des Pâquis et celle des Eaux-Vives. Les téléphones seront récupérés et recyclés par la Fondation Terre des Hommes. Pour en savoir plus sur la campagne Solidarcomm : https://www.solidarcomm.ch/ Ateliers L’or de nos natels 16.10.19 : Bibliothèque des Minoteries27.11.19 : Bibliothèque des Pâquis, inscriptions : paquis-jeunes.bmu@ville-ge.ch11.12.19 : Espace le 4, inscriptions : https://bmgeneve.agenda.ch/ Certains petits bouts de nature sont si bien cachés… Tels les minerais qui font fonctionner nos natels, l’or par exemple. L’atelier propose aux enfants d’ouvrir des téléphones portables pour découvrir leur contenu, puis de remonter leur chaîne de production jusqu’aux mines du Burkina Faso, où les droits de l’enfant sont gravement bafoués. Aujourd’hui, la plupart des jeunes dès l’âge de 10 ans possèdent un téléphone portable. Discussion, visionnage de films et jeu, l’atelier sensibilise aux conséquences de notre surconsommation de téléphones et propose des changements de comportement.

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La Grange, un parc qui se mange

Les parcs genevois ont eu autrefois une vocation nourricière, qui se perpétue sous la forme de la cueillette sauvage… Parfois, ce parc se mange. C’était le cas lorsqu’il était un domaine appartenait aux familles Lullin, puis Favre, qui y faisaient planter, grosso modo, tout ce qu’elles mangeaient. C’est à nouveau le cas pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque, sous le nom de code « plan Wahlen »*, la Confédération lance un programme d’autosuffisance alimentaire qui pousse à faire pousser des comestibles un peu partout. Ainsi, selon ce qu’écrit le Journal de Genève du 18-19 août 1940, « (…) a-t-on planté des tubercules au parc Bertrand, dans la partie supérieure du parc de la Grange et à Beaulieu. 40’000 kilos de pommes de terre ont déjà été récoltés, qui seront destinés aux oeuvres sociales et aux cuisines scolaires. On plante aussi des poireaux, en rangs serrés, puisqu’on a atteint hier le chiffre de 120’000. Voilà de bonnes soupes aux légumes en perspective! » Aujourd’hui, le parc la Grange se mange encore. C’est ce que raconte un collaborateur du Service des espaces verts (SEVE) dans le livre Genève dans ses parcs – Les nouveaux usages des espaces verts, paru en 2013: « Des gens viennent dans ces sous-bois pour l’ail des ours. Quand on les voit, on est quand même obligés de leur dire: Hé, ho, s’il vous plaît, ce n’est pas pour emporter… Sans compter le problème du colchique, qui lui ressemble beaucoup. Un petit bout dans un pesto, effet mortel garanti. » (*) « Bonus texte » pour en lire davantage – un article du Journal de Genève du 12.08.1943 (signé Jean Uhler), présentant « Ce que la Ville a réalisé dans le domaine du plan Wahlen »: « (…) grâce aux efforts de M. Bois, chef du Service des parcs et promenades, les cultures qui sont faites n’entraînent aucune mutilation des splendides propriétés, les arbres vénérables, les essences recherchées ne disparaissent pas. Le guerre finie, lorsque la vie économique aura repris son cours normal, de beaux gazons et des corbeilles de fleurs remplaceront les champs de pommes de terre, de carottes, de navets, de maïs, etc. C’était avec plaisir que, mercredi après-midi, nous avons répondu à l’aimable invitation de M. le conseiller administratif F. Cottier, qui nous conviait à visiter les cultures maraîchères de la ville. (…) Si Genève, dès 1939, a été la première des villes suisses à entreprendre des cultures maraîchères, elle est aujourd’hui celle dont les surfaces agricoles sont les plus étendues. Les cars qui devaient nous conduire d’un parc à l’autre, partis de la place de Cornavin, firent une première halte à la campagne Beaulieu. C’est là que sont concentrés tous les services qui dépendent de l’Office communal des cultures, rattachés au Service des parcs et promenades. Nous pûmes visiter l’installation de séchage des fruits et légumes (…) Dans le domaine social, la Ville pourra distribuer de très grandes quantités de fruits et légumes à des prix réduits (environ 50% du tarif officiel) aux personnes et familles dans la gêne, ainsi qu’aux cuisines scolaires, crèches, colonies de vacances, etc. Nous quittons Beaulieu et ses cèdres plantés en 1726 pour gagner la campagne Trembley. Les cultures sont splendides et déjà un grand champ récolté est retourné par une charrue actionnée par un gazogène. Nous voici à Châtelaine, sur un terrain qui, de la route cantonale, s’étend jusqu’à l’Usine à gaz. Ici le travail est un peu spécial. C’est là qu’au moyen de couches sont préparés les plantons, et c’est là aussi que l’on procède à des essais. Il y a quelques arbres fruitiers dont les produits sont de toute première qualité. II y a aussi des “meurons” et dame, par la chaleur d’hier, dignes descendants de nos pères de 1602, nous en avons quelque peu “picoré”. Puis, par le pont Butin, nous arrivons au coteau de St-Georges en longeant le cimetière. Nous avons pu constater que, partout où cela était possible, on a utilisé les places vides pour la culture maraîchère. Et nous voici au terrain du Bout-du-Monde, où l’ancien terrain des sports a fait place à des cultures variées et abondantes. Nouvel arrêt au parc Bertrand, où nous sommes attendus par MM. Casaï et Anken, conseillers d’Etat. Le grand champ qui, l’an dernier, avait produit des centaines de kilos de pommes de terre, avait été semé cette année de pavots afin d’augmenter notre production indigène d’huile. La récolte a été faite et l’on s’apprête déjà à semer du colza. (…). Pour terminer cette balade à travers nos promenades, nous voici à La Grange. Entre la route de Frontenex et la voie du chemin de fer. dans ce que l’on appelle le pré Favre, la Ville a fait cultiver des milliers de poireaux. Dans le parc, ce qui frappe nos yeux, et ne dépare nullement la propriété, c’est un immense champ de maïs. Une collation a suivi dans les coquets salons de La Grange, où des boissons fraîches furent fort appréciées. »

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Un blondinet qui se démène

En juillet 1967, Claude François joue au Théâtre de Verdure du parc La Grange. « Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il n’y a rien dans cette débauche d’énergie », écrit le Journal de Genève… « Pour le soussigné, Claude François revêtait l’attrait de l’inédit; certes on m’en avait beaucoup parlé. Jugé de visu le personnage n’est pas aussi catastrophique que l’affirmaient ses détracteurs prévenants; ni aussi enthousiasmant que le vantaient ses admirateurs trop indulgents. Un blondinet qui se démène comme un coureur de demi-fond, qui cherche à crier pour surpasser la coalition de ses cuivres et de sa percussion, et qui, pour les danses endiablées tient aisément le rythme que lui imposent ses quatre «Claudettes». Il y a de l’espace dans le parc La Grange; ces exercices athlétiques sur la corde vocale tendue à l’extrême ne dérangent pas les voisins; ils ravissent les proches. Personne n’a lieu de se plaindre. » Source: A. R., « Claude François et ses yé-yé », Journal de Genève, 13.07.1967 => Cliquez ici pour lire l’article en ligne sur le site www.letempsarchives.ch

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Faux meurtre au pied d’un conifère

Passablement prolifique et complètement oublié, l’auteur genevois de polars François Fosca empilait, en 1943, cinq cadavres entre Carouge et le village imaginaire de Dorbigny… Un après-midi de juin au milieu des années 1930, alors que “le soleil brillait et brûlait, mais de lourds nuages violacés faisaient prévoir un orage imminent”, un coup de feu retentit dans un bosquet du parc La Grange. Les dénommés Ernest Desboilluz et Alfred Susillard, deux retraités qui bavardent assis “sur leur banc favori, à l’ombre d’arbres épais, non loin de l’orangerie et des serres du parc” sursautent en entendant l’explosion, suivie de l’apparition d’une femme qui s’enfuit “vers le fond du parc”. Les deux hommes se lèvent et s’empressent de rejoindre le lieu de la détonation. “Lorsqu’ils arrivèrent tout près du bosquet, un épais massif de buis et de houx d’où se dressaient des conifères, ils entrevirent, à travers les feuillages, le corps d’un homme étendu sur le sol. Après un premier moment de stupeur, ils se frayèrent un chemin et se penchèrent. C’était un jeune homme d’une trentaine d’années, blond, vêtu d’un veston roux et d’un pantalon de flanelle grise. D’une affreuse blessure, qui lui défigurait !e visage, le sang coulait”. On tombe ainsi sur le deuxième cadavre d’une histoire qui en compte cinq, répartis entre Carouge, le parc La Grange et le village genevois de Dorbigny, localité imaginaire où se déroule le roman Du côté de chez Fyt, publié en 48 épisodes par le Journal de Genève en 1943. L’intrigue, qui se noue dans la verdure genevoise mais qui a des racines à Seattle, Shanghai, Londres et Amsterdam, inclut des meurtres et des suicides, une main coupée et des tabatières remplies de cocaïne, une idylle amoureuse et un tableau de Rembrandt où il manque une tête que quelqu’un a découpée. L’inspecteur Faget et le peintre Belpèras mènent l’enquête… L’auteur s’appelle Georges de Traz, mais il signe ses romans du pseudonyme “François Fosca” (ou “Peter Coram” lorsque son éditeur estime qu’il vaut mieux passer pour un Anglais). Né en 1881 et mort quasi centenaire en 1980, il publie plusieurs dizaines d’ouvrages d’histoire de l’art, une Histoire et technique du roman policier en 1937, ainsi qu’“une oeuvre romanesque qui est malheureusement complètement oubliée, puisque ses romans n’ont jamais été réédités et qu’ils ne sont jamais cités”, signale François Ouellet, professeur de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi et spécialiste des écrivain-e-s méconnu-e-s. À côté de sa parution en roman-feuilleton, Du côté de chez Fyt n’est publié en effet qu’une seule fois, en 1943 aux Éditions Utiles, maison genevoise spécialisée dans le policier. => On peut lire les 48 épisodes du roman sur le site www.letempsarchives.ch, qui met en ligne l’intégralité des archives du Journal de Genève, de la Gazette de Lausanne et du Nouveau Quotidien. Tapez « du côté de chez fyt » dans la case de recherche et choisissez l’option « Date (asc) » dans le menu déroulant « Trier par » en haut à droite. Ou alors cliquez ici=> Vous pouvez également emprunter le roman à la Bibliothèque de Genève (BGE).

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