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Quelques retours d’ateliers

Il était une fois… au pays des livres L’année 2020 a commencé par un atelier en partenariat avec le festival Black Movie, intitulé « Il était une fois… au pays des livres ». En partant du décor de la bibliothèque, les participant·e·s ont imaginé une aventure dans laquelle lettres, mots et phrases d’un livre sont devenus des personnages et ont pris vie grâce à l’animation vidéo. Papiers découpés et animation en volume, éclairages bricolés et autres techniques mixtes ont servi à la réalisation du film qui a été projeté durant le second week-end du festival. Atelier animé par Delphine Desprès, de « Anim’un truc » Tentacules électriques Quel costume endossez-vous quand vous souhaitez faire peur? Dans certaines régions du monde, les costumes folkloriques de carnaval sont destinés à effrayer, grâce à des masques grimaçants, à des vêtements extraordinaires qui déforment et grandissent la silhouette, avec divers matériaux assemblés de manière inventive. Sur deux après-midi, Stéphanie Baechler, artiste-plasticienne, a proposé aux enfants de réaliser des masques et costumes à leur manière, unique, à partir de matériaux plutôt étranges : câbles, touches de clavier ou encore composants d’ordinateurs ont été leurs étoffes pour les transformer en monstres modernes…

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Lidarmorphose – Atelier de transformation urbaine

Sous le nom de code LIDAR (Light Detection and Ranging, ou «détection de la lumière et mesure à distance») se cache une méthode pour modéliser l’espace, utilisée dans des contextes aussi divers que la programmation de voitures sans pilote, la documentation d’une scène de crime ou les jeux vidéo. Le résultat est un nuage lumineux qui représente un bâtiment, une place publique, de la végétation, du mobilier urbain… Guidé-e-s par Collectif_fact (les artistes Annelore Schneider e Claude Piguet), les participant-e-s ont été invité-e-s à choisir un lieu, à collecter les données LIDAR sur le site Web de l’État de Genève, à convertir les données en un portrait lumineux du lieux choisi, puis à transformer celui-ci et à repartir avec une photo de cette métamorphose. Voici les résultats: Atelier donné dans le cadre de NO’PHOTO – BIENNALE DE LA PHOTOGRAPHIE GENÈVE à la BM Cité, le 28 septembre 2019

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Pour une écologie numérique

«RRRRRRR» : mémorisez ce grognement. Ces 7 R renferment des solutions au défi écologique que pose le numérique. Réduire, Réinventer, Récupérer, Réutiliser, Réparer, Relocaliser, Recycler… La coopérative genevoise Itopie présente ces pistes en mêlant la réflexion et les conseils pratiques. « Notre consommation démesurée pèse sur notre biosphère et sur sa capacité de se renouveler. Mais les solutions existent, là, tout de suite, et elles sont enthousiasmantes ! Elles renforcent le tissu économique local, rapprochent les gens, privilégient la qualité sur la quantité ». La présentation de la coopérative Itopie est téléchargeable ici (ouvrez-la avec notre navigateur Web et naviguez à l’aide des flèches de votre clavier)Télécharger => Quelques liens genevois (et un lien fribourgeois) pour une écologie numérique ItopieItopie est une coopérative à taille humaine basée à Genève. Elle se bat pour une informatique libre, éthique, durable et citoyenne Repair cafésLa FRC a mis en place des «repair cafés», principalement pendant les manifestations «La ville est à vous», tenus par un réseau de bénévoles GE Répare «Réparer plutôt que jeter», voilà la maxime de ce site qui est un carnet d’adresses vers des entreprises de réparation de tout type d’objets Fablab Onl’Fait Certains objets sont difficilement réparables, à moins de fabriquer soi-même les pièces ou d’en apprendre plus en électronique… par exemple au Fablab Onl’Fait Les conversations carbonePour les plus personnes les plus curieuses et motivées, les conversations carbones consistent en 6 séances de discussion, suivies de moments d’étude à la maison, afin de déterminer votre bilan carbone et la manière de le réduire. Ensuite, à vous de faire essaimer l’idée auprès de vos proches! Sur le site de Terragir, vous pouvez calculer votre empreinte carbone, ou en savoir plus sur leurs actions en milieu scolaire «Les robins des Wattts».

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Exposition « sHeroes » – Les imaginaires de genre dans les jeux vidéo

Princesses, guerriers, aventurières… Les personnages qui peuplent les jeux vidéo nous font incarner de multiples rôles pour explorer leur univers. Comment le genre façonne-t-il ces imaginaires? Quelles places y occupent les femmes et les hommes? Avec sHeroes – une exposition jouable – prenez les manettes pour explorer ce qui se joue entre genre et jeux vidéo! Jusqu’au 20 juillet 2019 à la Bibliothèque de la Cité – espace le Multi (rez-de-chaussée) SHEROES DANS LES MÉDIAS: => Le Temps, 08.03.2019 («Après le Gamergate et #MeToo, quelle place pour les femmes dans les jeux vidéo?») => RTS, «Forum», 02.03.2019 (Interview de Marion Coville, commissaire scientifique de l’exposition): POURQUOI SHEROES? Princesses, guerriers, aventurières… Les personnages qui peuplent les jeux vidéo nous font incarner de multiples rôles pour explorer leur univers. Comment le genre façonne-t-il ces imaginaires ? Quels rôles y occupent les femmes et les hommes ? Le genre est un rapport social : il organise nos relations et la manière dont nous faisons société. Tout au long de notre vie, nous apprenons à différencier les attitudes jugées «féminines» ou «masculines» et à nous comporter «comme un homme» ou «comme une femme». Le genre dresse des barrières entre les hommes et les femmes et nous donne une place selon notre sexe. Les rôles dits «masculins» sont souvent valorisés, au détriment des rôles dits «féminins» : le genre est source d’inégalités, d’exclusions et de discriminations. Le genre traverse tous les aspects de notre vie : famille, éducation, culture, travail… Le jeu vidéo n’est pas en reste : c’est une pratique culturelle populaire, avec laquelle nous construisons notre identité et notre expérience du monde. S’intéresser au genre dans les jeux vidéo, c’est observer les personnages, leur corps, leurs vêtements ou leur mise en scène : armure ou bikini ? Les vêtements et les attitudes servent-ils les actions ou le plaisir des yeux ? C’est aussi examiner les règles du jeu et les actions qu’elles valorisent ou rendent inaccessibles : l’attaque est-elle le seul horizon possible ? Nos possibilités d’actions sont-elles contraintes selon le genre de notre personnage ? Enfin, c’est aussi prendre en compte les joueuses et joueurs, les conceptrices et concepteurs des jeux que nous utilisons ou encore celles et ceux qui oeuvrent pour des jeux vidéo plus inclusifs. S’il véhicule des imaginaires genrés, le jeu vidéo constitue en effet un formidable moyen d’expression pour valoriser d’autres identités, changer les règles, et créer d’autres mondes possibles. Avec sHeroes, prenez les manettes pour explorer ce qui se joue entre genre et jeux vidéo ! Exposition conçue et réalisée par les Bibliothèques Municipales de la Ville de Genève Commissariat scientifique : Marion CovilleScénographie : Dimitri Delcourt et Sophie CzichTechnique : David HodgettsImpression : Atelier RichardConstruction : ArtsolutionsTraduction de « Behind Every Great One » : GenevaTrad PROGRAMME DE MÉDIATION Mission sHeroesLa table ronde a eu lieu le 5 mars, vous trouverez la vidéo en ligne ici et ci-dessous : Visites guidées et initiation aux jeux. Un tour de jeu dans l’exposition sHeroes Les samedis 11 mai, 8 juin et 15 juin à 15h /!\ La visite du 30 mars est annulée Bibliothèque de la Cité – Le MultiÂge : Tout public, dès 8 ansDurée : 2hInscriptions : https://bmgeneve.agenda.chLes visites vous permettront de comprendre les enjeux de l’exposition et de tester les jeux vidéo grâce à la médiatrice culturelle Ana-Luisa Castillo, spécialisée dans le jeu vidéo. Stéréotypes et stéréodames. (Dé)construire un jeu vidéo Du 23 au 25 avril, de 14h à 17hBibliothèque de la Cité – Espace le 4eÂge : de 10 à 14 ansDurée : 3h par après-midiInscriptions : https://bmgeneve.agenda.chPendant trois après-midi, les Bibliothèques municipales proposent au public de 10 à 14 ans de réaliser un jeu vidéo sur le thème des stéréotypes, sans passer par le codage et en se basant uniquement sur le dessin et l’imaginaire de chacun-e.Quel rapport entre jeux vidéo et stéréotypes de genre ? La première réponse qui vient à l’esprit est que le jeu vidéo les véhicule.Comment sortir du modèle du héros qui sauve une princesse ou de l’homme viril qui résout ses problèmes par la violence ? Cet atelier propose de déconstruire des croyances pour montrer que d’autres modèles sont possibles. À travers le jeu vidéo, les enfants sont invités à réfléchir à leurs propres représentations pour créer une nouvelle histoire à jouer ! Avec Giulia Valsecchi, intervenante au 2e Observatoire sur les questions de genre et de l’éducation et Ivan Gulizia, game designer. Stéréo-mythes Le 5 juin, de 15h30 à 17hBibliothèque de la Cité – Espace le 4eÂge : de 8 à 11 ansDurée : 2hInscriptions : https://bmgeneve.agenda.ch Stéréo-mythes est un atelier qui aborde la diversité des genres, la coexistence et la tolérance à travers le dessin et le jeu. Qu’est-ce que le genre ? Concept de sciences sociales, il désigne les différences non biologiques entre hommes et femmes. Ces différences toutes construites sont remises en question, car de nombreuses personnes ne s’y reconnaissent pas.Stéréo-mythes est une collection de sculptures interactives conçues pour parler du genre.Les enfants travailleront avec des personnages fictifs de la littérature et des jeux vidéo, qui leur permettront de comprendre que les différences peuvent nous rendre uniques et spéciaux-ales.Les sculptures réalisées par les enfants pendant l’atelier, seront visibles jusqu’au 9 juin et pourraient être remaniées par les visiteur-euse-s de passage…Avec Rocio Egio, designer et conceptrice de Stéréo-mythes En partenariat avec le Festival Spielact L’EXPO EN PHOTOS Photographies de Frank Mentha POUR ALLER PLUS LOIN:

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Les quartiers

Tournois de jeux vidéo à la Servette et à Saint-Jean, «30 minutes numériques» à la Jonction, pop-conférences et «banques de récits» participatives aux Eaux-Vives, surprises diverses lors de la réouverture des Minoteries… Périple numérique dans les 7 bibliothèques des quartiers genevois. Toutes les informations sur l’agenda des BM, catégorie « numérique » : http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bm/agenda/

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Espace Le 4e

«Le 4è» est notre espace voué au numérique. On peut se lover dans ses «cocons/corolles» pour tester des jeux vidéo, emprunter un-e bibliothécaire pour se repérer dans les labyrinthes de l’informatique, apprendre à créer un robot ou une vidéo. On peut aussi y découvrir des créations et des réflexions qui explorent les facettes méconnues de notre monde surconnecté. Toutes les informations sur l’agenda des BM, catégorie « numérique » : http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bm/agenda/ Inscriptions sur : https://bmgeneve.agenda.ch/

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Exposition Chats de Steinlen

Initiée en 2017 par le festival lausannois BDFIL, l’exposition CHATS est un clin d’œil et un hommage à Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923), artiste suisse dont on connaît les illustrations, notamment le fameux Chat Noir. Outre une partie historique qui présente des originaux et des reproductions des chats de Steinlen, le corpus de l’exposition est constitué de planches originales d’une quarantaine d’artistes bédéistes internationaux invité-e-s. Ils-elles nous livrent leurs illustrations inspirées de l’œuvre de Steinlen, autant de visions de chats graphiques, déjantées, littéraires, impertinentes et multiples. Afin d’enrichir la visite, un guide ludique pour tablettes numériques (disponibles sur place) pouvait être emprunté par le-a visiteur-se. Le chat noir aux grands yeux de l’affiche déambule dans l’exposition pour présenter au jeune public l’histoire de Steinlen et des artistes qui en ont été inspirés : quand les médiateur-trice-s ne seront pas là, ce sont les chats eux-mêmes qui orienteront le public. Une tablette disponible dans l’exposition présente la bibliographie au format numérique et met en valeur des reproductions numériques existantes sur Steinlen en haute qualité. Cliquer ici pour voir une vidéo de l’exposition Cliquez ici pour voir la bibliographie sur le site Issuu Pour retrouver des reproductions des tableaux, affiches et peintures de Steinlen, vous pouvez aller fouiller sur les sites de : Gallica Archive.org Les collections numérisées de la bibliothèque de l’Institut National d’Histoire de l’Art

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Un parc genevois, années 2010 – Ce n’est pas parce que c’est vert que ce n’est pas du harcèlement

Avez-vous une histoire marquante, étrange, amusante, un beau souvenir ou un épisode curieux à nous raconter, en lien avec un parc genevois? Avez-vous vu ou vécu quelque chose de particulièrement significatif dans l’un de ces lieux? Quels sont votre meilleur et votre plus étrange souvenir d’une chose vue ou vécue dans un parc? => Pour partager vos histoires, écrivez-nous à l’adresse leparcaugmente@numeriquebm.ch ou envoyez-nous un fichier son, image ou vidéo via la page www.numeriquebm.ch/index.php/le-parc-augmente Ce n’est pas parce que c’est vert que ce n’est pas du harcèlement Récit d’un jeune anonyme interviewé par Jeffrey le 24 juillet 2018 dans un parc genevois, dans le cadre d’une mission d’été du Service de la jeunesse. «Je travaillais pour le Service de la jeunesse dans le cadre de mon Service civil, je m’occupais des grillades dans un parc. Il y avait deux jeunes filles qui étaient engagées par la Boîte à Boulots pour s’occuper des chaises longues, et qui mettaient aussi des jeux, des tables et des parasols à disposition pour les enfants. Et il y avait une bande de jeunes garçons – ils étaient vraiment très jeunes, je dirais 11 à 14 ans – qui s’étaient mis dans tous leurs états face à ces deux jeunes filles. Ils étaient constamment en train de les solliciter, d’essayer de les impressionner, de leur dire «je t’aime», et «allez file-moi ton numéro» et «c’est quoi ton pseudo sur Snapchat?»… J’ai passé trois heures dans ce parc et j’ai trouvé ça d’une lourdeur insupportable, c’était impressionnant de voir ces jeunes garçons qui, même s’ils n’en étaient peut-être pas conscients, pratiquaient une forme de harcèlement. Les questions que je me suis posées, c’est comment les deux jeunes filles vivaient la chose et quel pouvait être mon rôle dans cette situation. Je voyais bien que c’était pesant pour elles, qu’elles étaient amenées à banaliser la chose pour la rendre plus supportable et qu’elles s’efforçaient de rigoler un peu de temps en temps, mais c’était un rire un peu jaune. Il y en a quand même une qui m’a dit «je ne crois pas que je vais tenir la semaine»… J’ai l’impression que personne, ni elles ni eux, ne réalisait pleinement ce qui se passait. Ça m’a amené à réaliser à quel point il y a un manque de connaissances sur ces sujets-là dans cette tranche d’âge.»

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Parc des Cropettes, années 2010 – «Un immense flash avec une lumière tout près de nous mais dans le ciel»

Avez-vous une histoire marquante, étrange, amusante, un beau souvenir ou un épisode curieux à nous raconter, en lien avec un parc genevois? Avez-vous vu ou vécu quelque chose de particulièrement significatif dans l’un de ces lieux? Quels sont votre meilleur et votre plus étrange souvenir d’une chose vue ou vécue dans un parc? => Pour partager vos histoires, écrivez-nous à l’adresse leparcaugmente@numeriquebm.ch ou envoyez-nous un fichier son, image ou vidéo via la page www.numeriquebm.ch/index.php/le-parc-augmente «Un immense flash avec une lumière tout près de nous mais dans le ciel» Récit d’une jeune anonyme interviewée par Jeffrey le 11 juillet 2018 au parc Bertrand, dans le cadre d’une mission d’été du Service de la jeunesse. «C’était il y a à peu près six-sept ans, j’étais encore assez jeune et je n’étais pas complètement nette, je l’avoue. Et on était avec une amie posées sur un banc dans le parc des Cropettes à côté de la mare aux canards. Donc on était tranquillement posées, on parlait, on discutait de la vie, et d’un coup je lève ma tête et là, il y a un flash, vraiment très près, un immense flash, avec une lumière qui passe tout près de nous mais dans le ciel, et une sorte d’éclair comme s’il y avait un trait qui passait dans le ciel. D’abord ma première réflexion, c’est de taper sur l’épaule de mon amie pour lui montrer et… Je n’ai jamais vraiment cru aux extraterrestres et tout, mais là j’étais convaincue d’avoir vu un OVNI, mais genre vraiment. Et malheureusement mon amie n’a pas pu voir ce que j’ai vu, mais même maintenant, je suis convaincue d’avoir vu un OVNI, voilà. Sinon, mes souvenirs dans les parcs, ce sont tous mes anniversaires. Je pense qu’en étant genevois, on vient tous passer nos anniversaires, nos soirées d’été, les soirées de galère en hiver dans des parcs, on s’amuse toujours dans des parcs genevois, voilà. Je pense que j’ai passé la majeure partie de mon enfance et de mon adolescence dans des parcs, et même au jour d’aujourd’hui, c’est toujours une valeur sûre pour traîner et passer un bon before*.» * La partie de la soirée qui précède la phase proprement festive (ndlr)

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Parc DE la Grange, 2018 – Le Nord perdu de William Favre

Quatre auteur-e-s ont plongé – physiquement et/ou mentalement – dans quatre parcs genevois et ont converti leurs immersions en textes poétiques. Jean Firmann a été au parc La Grange, Philippe Constantin au parc de l’Ariana, Lorenzo Menoud au parc Bertrand, Silvia Härri au parc de la Perle du Lac Une proposition de l’association Poésie ambulante. Jean Firmann –  Le Nord perdu de William Favre L’HISTOIRE est engageante de ce parc immense, puissant sauvage & très beau, même si la sottise appliquée des vivants prétendus, aujourd’hui plus que jamais le menace. Hier matin encore y marchant à petits pas aux côtés de mon chien libre noir assez grand nommé Brusse, j’ai goûté tant que lui la vivante fraîcheur de ses frondaisons larges et hautes et j’y ai contemplé sous le cri rauque des intelligents corbeaux bleus la danse follement électrique de deux papillons dont les ailes étaient d’or – ou plus simplement de bronze peut-être – et qui frétillaient pleins de compagnes et de compagnons autour d’eux, et qui libellulaient & qui zigzaguaient des ailes d’amour dans l’air mieux que nul humain jamais ne sera capable fût-ce de l’évoquer en dansant sur une scène. C’était hier au parc de la Grange. Je veux donc parler du Parc de la Grange et non du parc La Grange comme le nomment sottement par les temps terribles qui couvent les tétaniques numériques & digitaux. Parc de la Grange car dix ans avant que Jean-Jacques Rousseau ne vienne au monde le territoire là-bas descendant en pente douce vers le lac Léman était planté de vignes et gras de pâturages sur cette rive gauche de Genève dont Calvin (selon la rumeur) n’avait jamais voulu admettre la possible existence. Ah! ces juteuses fontaines d’herbe où paissaient des vaches et leurs boeufs, queues battantes au flanc contre la piqûre des taons et le vrombissement obstiné des mouches d’or à tête verte. Pour abriter ces bêtes et lui même, un certain François Franconis, fils de réfugiés huguenots et de marchands redoutables de sel, de blé, de munitions et de métaux plus ou moins lourds y avait construit une vaste grange. Parc de cette grange oui où vivait François Franconis donc à jamais qu’on se le dise. Mais sur la terre au ciel qui tourne, les fortunes sont improbables et volontiers vacillent. Voici donc qu’une famille cossue de Lullin racheta les vingt mille mètres carrés du territoire là-bas descendant en pente douce vers le lac Léman érigeant vers 1720 au cœur de ce vaste espace une impressionnante maison de maître, ses généreuses dépendances & ses puissantes fontaines. Mais les Lullin huitante années plus tard se trouvèrent ruinés par la Révolution française – ah la vache! – ils durent vendre le parc contre écus sonnants et trébuchants à la famille Favre qui elle aussi excellait en triturations de marchandises, en gonflement de marges financières & gaufrages alambiqués de capitaux autant que ses prédécesseurs. Mais ces patriciens calvinistes, ces propriétaires un peu fantasques tout de même, ces banquiers d’argent pur comme divinatoires eurent tout au moins le sacré bon goût plein vert de s’entourer de quelques-uns des botanistes & dendrophiles les plus illuminés du siècle dix-neuvième. Nous n’avons plus au siècle 21 que des dendrologues plantant des arbres en leurs ordinateurs. Et voici que ces copains ensemencèrent idéalement d’espèces fabuleuses le pré des vaches et les vignes à Franconis nous offrant bien deux cents ans plus tard – les Lullin, les Favre – de beaux arbres immenses dont à trente-cinq mètres de hauteur la cime offre aujourd’hui aux hérons cendrés chaque avril de souples & vastes nids ; dont les pins tout aussi hauts sont visités parfois par les cocons phosphorescents – foudre larvaire, brûlante alerte – de la chenille processionnaire; de hêtres communs nus & beaux comme étaient lustrés & vibrants les triplés à peau bleue que la baleine dont les racines chantent fit naître; de ces grands hêtres pourpres au houppier incandescent que prisait tant Cadet Rousselle; de ces platanes puissants dont les feuilles tombant de haut en automne font coussinets luisants aux pieds de ceux qui vont par le trottoir, sans oublier les ifs aux troncs parcourus de profondes veines incarnates, les séquoias à la peau rousse veloutée & spongieuse qui sont venus à pied des Amériques ; et les cèdres majestueux aux larges cimiers tabulaires où les forgerons de Thor tonnent leurs célestes enclumes et jusqu’aux plus humbles marronniers aux fruits bruns qui dès octobre font mousser au sol le shampoing onctueux de leurs saponines. Oui j’aime follement les grands arbres du parc de la Grange, contemplant en toutes saisons leurs vies changeantes, leur génie torsadé, leurs fûts à pattes d’éléphant zébrés de crevasses & de tatouages parfaitement naturels et gravés parfois de cœurs qu’y dessinèrent un soir à l’opinel deux jeunes amoureux pétris de la sauvagerie neuve de plonger nus dans les yeux l’un de l’autre. Et cette forêt dans la ville a le luxe et la chance de connaître des nuits intimes & calmes, cette forêt peut couver et élever ses mystères car ses portes doivent demeurer fermées durant la nuit. C’est ce qu’avait notamment exigé William Favre quand il céda d’un coup très franc en 1917 le parc de la Grange aux citoyens de Genève. La très noble condition est en gros respectée, à l’exception des soirs de plus en plus fréquents où les spectateurs affluent pour aller entendre quelque concert de musique du monde sur la coquille acoustique dite scène Ella Fitzgerald sur une pelouse depuis peu dédiée hélas aux flammes graisseuses et aux fumées saucissonnes des barbecues brutaux ou pour aller voir quelque pièce donnée au Théâtre de l’Orangerie, le TO comme disent les gens tatoués des pieds à la tête et de l’anus à l’hippocampe de graphes hideux, les gens pressés, les gens ratatinés de maintenant. Saluons aussi la grande mare dite lac alpin où, au pied d’un haut saule blanc et d’un autre plus souple pleurant ses rameaux jusqu’à terre, sursautent muettes et giflant l’eau les carpes, où nagent noires les […]

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