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29 mai 2020

UN LUNA-PARK OUBLIÉ SOUS UN PARC – 6e halte

«Aujourd’hui, grand concours de bébés»

Cliquez sur PLAY pour écouter le récit, puis atteignez l’arbre suivant selon le PLAN ou le guide en images en bas de cette page

«Un concours de bébés à Luna Park. Le Luna-Park organise pour le dimanche 6 août un grand concours de bébés. À l’heure actuelle, soixante inscriptions sont déjà parvenues à la direction. Les bébés seront réunis à la crèche du parc: le défilé aura lieu à quatre heures. Les bébés seront portés ou traînés dans de petites voitures. De nombreux prix seront distribués.»

Voilà ce qu’on lit
dans l’édition du 30 juillet 1911
de notre source de référence,
le Journal de Genève,
seul quotidien genevois,
pour l’instant,
à être entièrement disponible en ligne
dans des archives numérisées.
Je ne saurais vous dire
où se situait
entre ces arbres
la «crèche du parc»
qui accueillit ce concours.
Quoi qu’il en soit,
la presse en reparle
une semaine plus tard:

«Devant le nombre formidable des inscriptions pour le concours de bébés à Luna-Park, la direction a été forcée de clôturer jeudi soir la liste des inscriptions. 380 bébés participeront au concours.»

Le jour J arrive,
c’est un dimanche,
le 22 août
1911.
Le Journal de Genève
s’étale là-dessus
en long et en large.

«Le concours de bébés à Luna-Park. Dimanche a eu lieu à Luna-Park le concours de bébés. Ils ont été les triomphateurs du jour et les attractions multiples ont pâli devant le ravissant et réjouissant défilé de la génération fraîche éclose. Les inscriptions avaient atteint le beau chiffre de six cents garçonnets et fillettes; aussi a-t-il fallu procéder à une élimination qui n’était pas sans-difficultés et pour la mener à bien on fit appel à tout un état-major médical présidé par M. le Dr G. Biolley, chef de clinique à la policlinique gynécologique et obstétricale de la Maternité et médecin de la consultation des nourrissons. MM. les docteurs Lurié, Ostermann, de la policlinique de la Maternité, et Mme la doctoresse Daïnow fonctionnaient comme jurés, assistés de six des nos plus compétentes sages-femmes. Et l’on commença à faire défiler dans le hall les bébés joufflus, parés de leurs plus beaux atours. Les mamans et les nourrices étaient très fières: les papas ne l’étaient pas moins. Les minuscules concurrents et concurrentes ne briguaient pas moins de dix prix offerts par le Luna Park, ainsi que par plusieurs maisons et particuliers de notre Ville. M. Ernest Vaglio, âgé de 23 mois, a fait honneur au sexe fort en remportant le “championnat pour le plus parfait bébé, garçon ou fi!le”; le sexe faible a donc été battu à plate couture! il est vrai qu’il a pris sa revanche, une revanche éclatante en s’adjugeant par le frais minois d’Alice Quechlnetti le prix pour le plus joli bébé. Le même sexe, représenté par Ceseri-Lea Lacharrère, a encore remporté le prix pour le plus gros bébé, et celui attribué au bébé le plus gai. Les autres récompenses ont été décernées comme suit: pour le garçonnet le plus parfait, Pierre Bouvier: pour la fillette la plus parfaite, Yvonne Probst; pour le plus petit bébé en proportion de son âge, garçon ou fille, Arlette-Renée Menoux; pour les deux plus beaux jumeaux, Marcelle et Renée Sandret; pour le bébé montré dans la voiture la mieux décorée, Aurélia Llorret; pour le plus gai bébé, Edmée Arlaud; pour le plus beau bébé nourri à la farine lactée, Alice Quechinetti. Voilà nos bébés passés à la postérité.»

La postérité commence
d’ailleurs
tout de suite.
Le concours donne lieu
en effet,
un mois plus tard,
à une
(nous citons à nouveau)…

… «exposition photographique des lauréats du Championnat des Bébés organisé par le Luna-Park: Les plus beaux enfants de Genève. Une exposition unique que toutes les personnes aimant les enfants doivent voir».

Activité
étrange,
oui,
mais en même temps
pas tant que ça.
Renseignements pris,
les concours de bébés sont à la mode,
en Suisse comme en France,
à partir des années 1880,
comme d’ailleurs
un autre genre de compétition
que le Luna-Park met au programme
en ce même mois de septembre 1911.
Nous citons toujours:

«Deux grandes épreuves amusante ont été créées par le Luna-Park. C’est, pour les garçons, une grande course aux grenouilles. Voici le règlement: six garçons reçoivent chacun dix grenouilles bien vivantes placées dans une petite brouette; celui qui arrive Ie premier au but avec tout son chargement complet de grenouilles (fournies par la maison Pêche et Sport, près du Pont de l’Île) est déclaré vainqueur! C’est, pour les filles, une grande course aux lapins. Voici le règlement: six fillettes reçoivent six jolis petits lapins, attelés avec des rubans roses et bleus; à l’aide d’un bâton auquel est fixée une carotte. Il s’agit d’amener son quadrupède le premier au but.»

Zoos humains,
concours de bébés,
lapins pour les filles,
grenouilles pour les garçons:
c’était il y a cent-neuf ans
au parc des Eaux-Vives.
Voilà,
si l’on peut dire,
d’où vient ce parc,
voilà d’où on vient.

LA SUITE DU PARCOURS

Vous contournez la maison et vous engagez dans le chemin qui descend, le long du mur qui clôture le parc
Vous passez un banc sur votre droite
Au croisement, vous tournez à droite
Devant ce belvédère, vous tournez à gauche pour entrer dans une chambre végétale, votre 7e halte
7e halte – Le retour aux jouissances hygiéniques

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