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Le parc augmenté

Les parcs genevois fourmillent d’histoires. Des histoires réelles ou imaginées, individuelles ou collectives, ordinaires ou extraordinaires. Notre projet consiste à partager les histoires de parcs que nous avons dénichées dans les collections des Bibliothèques municipales, dans les méandres du Web ou en interviewant des expert-e-s et des usager-e-s.

Parc La Grange, 2018 – Le mystérieux projet Gorski

Tandis que le parc disparaît sous la neige, un appartement de l’avenue adjacente se remplit de gens et se vide d’objets grâce – peut-être – au mystérieux «projet Gorski»… Le livre_ Aujourd’hui dans le désordre, de Guillaume Rihs, Paris, Kero, 2016 «Janvier à Genève. Louise et ses frères ont inscrit le grand appartement familial sur un site afin d’accueillir des voyageurs pour quelques jours. Leur première invitée est Victoria, une jeune Anglaise en quête d’aventure. L’appartement se remplit au rythme des arrivées alors que dehors le climat se dégrade. Bientôt, une tempête de neige va bloquer tout le monde à l’intérieur, les forçant à s’organiser.» (Site des Editions Kero) «A ce moment-là, personne ne le sait encore, débute un huis clos qui, de la charmante initiative, va basculer dans l’épreuve, climatique et humaine. (…) Car les choses, ici, occupent beaucoup de place. L’appartement est littéralement envahi par les meubles et les objets. (…) A ce processus d’accumulation, répond son exact contraire, un grand rêve d’allégement et de décroissance que Victoria porte et ne cesse d’expliquer aux autres, au fur et à mesure des arrivées.» («Rire de nous-même, sous deux mètres de neige», par Lisbeth Koutchoumoff, Le Temps, 12.02.2016). => Le journal Le Temps dans l’offre PressReader des BM. «L’auteur imagine le «projet Gorski», soit un groupe utopiste formé autour de Mihail Gorski, gourou de la décroissance. Son but: débusquer le moment précis où l’homme a fait fausse route et y retourner par un abandon progressif des technologies. Guillaume Rihs porte un regard mi-ironique mi-bienveillant sur ce projet: «J’enseigne l’Histoire, et les changements induits par l’ère industrielle amènent forcément leur lot de réflexion. On entend beaucoup le cliché du «c’était mieux avant», et ça m’amusait d’imaginer un projet cherchant à définir l’instant clé de la dégradation.» («Huis clos à dix-huit dans une coloc aux Eaux-Vives», par Marianne Grosjean, Tribune de Genève, 09.01.2016) Prix des écrivains genevois 2014, 2e prix ADELF-AMOPA de la première œuvre littéraire francophone 2016. => Le livre dans les collections des BM. L’auteur_ Guillaume Rihs, né le 6 février 1984 à Genève, est un écrivain suisse romand. (…) [I]l travaille comme enseignant d’histoire et d’anglais au collège Sismondi et au collège pour adulte Alice-Rivaz. En 2014, il reçoit le prix des écrivains genevois pour son manuscrit Aujourd’hui dans le désordre. Son roman paraît le 11 janvier 2016 aux Éditions Kero à Paris.» (Wikipédia) L’extrait choisi_ «La nuit du 19 au 20 janvier 2018 au parc La Grange, qui est longé à l’est par le parc des Eaux-Vives, au nord par le lac Léman, au sud par la route de Frontenex et (c’est en cela qu’il nous intéresse) à l’ouest par l’avenue William-Favre, la neige est compacte comme du beurre et tombe à profusion. Les flocons se rencontrent en vol et se bousculent, s’amalgament et forment des paquets qui accélèrent et qui s’écrasent puissamment, puissamment à l’échelle d’un flocon, contre ceux qui les ont précédés, se tassent avec eux et petit à petit font que d’un mètre, la neige se porte à trois. La nuit du 19 au 20 janvier 2018, il tombe deux mètres en une seule nuit, c’est rare. C’est du jamais vu ! Il n’y a plus une voiture en ville, plus un arrêt de bus, plus un trottoir et plus une route. Il n’y a plus de bouche d’incendie, ni de possibilité d’incendie, seulement cette pâte épaisse qui recouvre tout. Au parc La Grange, on ne distingue plus les tilleuls des chênes. J’entends, ceux qui d’habitude les distinguent, s’ils étaient présents, ne les distingueraient pas, et de toute manière il n’y a personne pour s’y essayer. Personne pour écouter les flocons et l’air vif. Personne pour sentir l’odeur gelée portée par la bise. Le restaurant est fermé, ainsi que la buvette, et je ne parle pas des théâtres. Rien n’ouvrira demain. Demain à l’aube, le parc La Grange ne sera plus. Sous trois mètres de neige, il se sera absenté. Ce qui l’aura remplacé sera d’une très grande beauté, visible depuis le bow-window du salon ou la cuisine au quatrième étage de l’avenue William-Favre, une immensité d’écume de glace.»

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Parc La Grange, 1887/1960/2020 – Rasez la mare, qu’on voie les Alpes

La «mare aux canards» était autrefois un lac alpin, auquel désormais on souhaite revenir. Le parc est un éternel recommencement… L’article_ «Un lac alpin niché au coeur du plus grand parc de Genève», par Valérie Hoffmeyer, Le Matin Dimanche, 09.07.2017 L’extrait choisi «[L]a mare aux canards». Une appellation qui fait frémir Claire Méjean, historienne des jardins au Service des espaces verts de la Ville de Genève. Elle qui ne compte plus les jours passés dans ce «monument historique vivant», comme elle aime le définir, rappelle que la «mare» était à l’origine un véritable tableau alpin, bâti non sans peine par William Favre, cent trente ans plus tôt. À l’époque, on cause diplomatie et affaires du monde dans les salons de la villa. Mais Favre a une autre passion: l’art du jardin et du paysage, et en particulier le paysage des Alpes. Lorsqu’il entreprend les travaux pour la création du lac alpin, il sait déjà qu’il va léguer son domaine à la ville. Les gens pourront voir un véritable petit lac, ceint de cailloux affleurant, d’une pelouse rase et de quelques sapins épars. Simple? Pas tant que cela! Dès 1887 et durant plusieurs saisons, William Favre tient la chronique des travaux dans son journal, qui se lit comme un feuilleton. (…) L’imitation de la nature est un travail pharaonique! Puis les modes sont passées par là, «surtout à partir des années 60, explique Claire Méjean. Ainsi ont été ajoutés un saule pleureur, des cabanes à canards, des bordures cimentées et une clôture, typiques de ces années tournées vers l’avenir et peu enclines à la mémoire. Vinrent ensuite les carpes et les tortues exotiques, la perte de l’alimentation par les sources et le lent atterrissement du lac.» En clair: il faut agir. «Nous avons commencé l’hiver dernier: débroussaillé, enlevé des arbustes, coupé les branches basses des ifs pour redonner de la visibilité au lac, dégagé les blocs de pierre. Il reste du travail, mais on va peu à peu retrouver l’ambiance d’un lac alpin», détaille Gilles Taramarcaz, en charge de l’entretien des parcs de la rive gauche pour le Service des espaces verts de la Ville de Genève (SEVE). (…) William Favre (…) rêvait avec son lac alpin d’un site d’initiation à la nature pour les foules urbaines qui n’y avaient pas accès. L’idée a encore du sens aujourd’hui, même à l’heure des avions et du voyage à portée de tous, comme en témoigne cette anecdote: emmenant ses écoliers en balade jusqu’au parc La Grange, cette enseignante de la rive droite a ainsi pu constater que certains de ses élèves n’avaient jusque-là jamais traversé la Rade, ni mis un pied dans le plus grand parc de leur ville…»

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «Le retour d’Afrique», d’Alain Tanner (1973)

    LE RETOUR D’AFRIQUE Alain Tanner, Suisse/France, 1973 CAB Productions Avant de se décider à être un enfermé volontaire et de ressentir la ville de loin, le héros (François Marthouret) du RETOUR D’AFRIQUE (1973) travaille comme jardinier. Un métier permettant de goûter à la liberté. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «Henry Dunant: du rouge sur la croix», de Dominique Othenin-Girard (2006)

    HENRY DUNANT: DU ROUGE SUR LA CROIX Dominique Othenin-Girard, Suisse/France/Autriche/Algérie, 2006 Bohemian Films Cette version de la vie d’Henry Dunant est ambitieuse dans sa reconstitution de la Genève du XVIIIème siècle. Telles des enluminures, certains plans nous font voyager dans le temps. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales  

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «Paul s’en va», d’Alain Tanner (2003)

    PAUL S’EN VA Alain Tanner, Suisse/France, 2003 CAB Productions PAUL S’EN VA (2003) permet à Alain Tanner de revenir sur les endroits qu’il a l’habitude de filmer à Genève. En en sélectionnant une large palette, il arrive à parfaitement représenter l’atmosphère de la ville. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «La diagonale du fou», de Richard Dembo (1984)

    LA DIAGONALE DU FOU Richard Dembo, France/Suisse/Liechtenstein, 1984 La Cécilia Il semble normal que le championnat du monde d’échecs entre les deux Russies des années 1980 (celle du régime et celle des dissident-e-s) se déroule en terrain neutre dans LA DIAGONALE DU FOU (1984). Le réalisateur, qui filme volontiers la Genève des villas, des hôtels et des conventions, s’autorise de courts moments de respiration à l’extérieur. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales    

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «L’insoutenable légèreté de l’être», de Philip Kaufmann (1988)

    L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE (THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING) Philip Kaufman, États-Unis, 1988 Saul Zaentz C’est à Genève que l’on vient chercher un souffle de liberté ainsi que le sous-entend l’auteur Milan Kundera. Est-ce étonnant que son personnage le plus hédoniste (la féline Sabina interprétée par Lena Olin) retrouve son autonomie retrouvée au Jardin anglais dans L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE (1988)? => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales      

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «Jeune homme», de Christoph Schaub (2006)

    JEUNE HOMME Christoph Schaub, Suisse, 2006 Frenetic Dans JEUNE HOMME (2006), c’est un garçon au pair suisse allemand (Matthias Schoch) qui découvre les bons côtés de Genève. Ainsi les librairies indépendantes, la rade et son jet d’eau et les endroits verdoyants. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales          

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15 séquences de cinéma tournées dans les parcs genevois – «Bazar», de Patricia Plattener (2009)

    BAZAR Patricia Plattner, Suisse/France, 2009 Light Night Même si l’action de BAZAR (2009) se déroule principalement à Carouge et sur la plaine de Plainpalais, la réalisatrice se plaît à filmer d’autres lieux emblématiques comme les Rues basses ou le Parc des Bastions. => Le film dans le catalogue des Bibliothèques municipales            

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